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Pinterest bavardages en classeLe bavardage est devenu le fléau des salles de cours. Même s’il touche aussi les professeurs expérimentés, il préoccupe beaucoup les enseignants stagiaires qui savent que leur gestion de la classe sera particulièrement déterminante pour leur titularisation. Ce bruit diffus empêche les élèves attentifs de se concentrer et de suivre le cours. Certains s’en plaignent, d’autres en profitent pour s’amuser. Peu à peu, vous sentez que vous perdez le contrôle. Vous pouvez même douter de votre légitimité tant vous vous sentez incapable d’asseoir votre autorité. Ces heures de cours sont épuisantes et vous les redoutez… Pas de panique, rien n’est perdu et vous pouvez encore rétablir un climat de classe serein ! Voici 7 conseils et astuces pour réduire les bavardages des élèves dans vos classes.

Mes élèves bavardent... Suis-je un mauvais prof ?

Vous avez certainement en tête qu’il n’y a jamais de bavardages dans les cours d’un prof digne de ce nom… D’ailleurs, on a parfois l’impression qu’on attend surtout de nous que le calme règne dans notre salle. Et quand vous parlez de vos difficultés à vos collègues, ils vous répondent sans doute que dans leurs cours cette classe ne pose pas de problème.

Pinterest Gérer le bavardage en classe au collègeSachez d’abord que nous n’avons pas tous la même tolérance au bruit. Certains n’accepteront que quelques chuchotements, d’autres s’accommoderont d’un vacarme et sortiront de cours sereins en affirmant que leur classe est vraiment formidable.

Ensuite, ce n’est pas parce qu’il y a du bruit que les élèves ne travaillent pas. Par exemple, pendant mon année de stage, j’avais mis en place des îlots permanents dans ma salle. Ma tutrice trouvait que cela générait beaucoup de bavardages. Pourtant, l’inspecteur ne s’y est pas trompé car il a vu que certes les élèves parlaient entre eux mais du cours !

Enfin, dédramatisez ! Observez vos collègues pendant les réunions ou les journées de formation… Ne bavardent-ils pas ? Le bavardage est une pratique humaine depuis la nuit des temps. Il permet la transmission des informations, et dans la préhistoire c’était une question de survie ! En bons digital natives connectés aux réseaux sociaux, nos élèves sont habitués à commenter tout et instantanément… Le bavardage est donc tout à fait naturel pour eux.

1. Rythmer le cours, c’est réduire les occasions

Pendant mon année de stage, tout au long du premier trimestre, j’ai eu du mal à gérer les bavardages des élèves. Ils se sont progressivement installés. Ma tutrice m’a conseillé de sévir mais le bruit était diffus et je n’arrivais pas à identifier les bavards responsables. Je ne parvenais pas à être intransigeant car je me laissais attendrir car les élèves ont toujours une bonne raison : « je lui montrais comment faire », « je lui demandais un crayon », « je ne voyais pas bien le tableau »…

J’ai pourtant réussi à reprendre la main en rythmant davantage mon cours. Le principe est simple : réduire les occasions laissées aux élèves pour bavarder. Il fallait les impliquer au maximum tout au long du cours pour qu’ils n’aient ni le temps ni l’envie de se distraire en parlant d’autres choses.

J’ai donc mis en place une activité ritualisée. Dès leur entrée en classe, les élèves devaient se mettre au travail. Cela donnait le ton du cours.

Par ailleurs, j’ai décidé de chronométrer les activités. Avant que les élèves ne se mettent au travail, je leur indiquais le temps dont ils disposeraient pour accomplir l’exercice ou répondre à la question. Ils n’avaient plus le temps de flâner car le rythme du cours était plus soutenu.

2. Parler moins fort

Au fil des années, j’ai appris à me connaître et je me suis aperçu que je génère, involontairement, une partie des bavardages.

Par exemple, lorsque mes élèves travaillent silencieusement et qu’ils me demandent une explication, j’ai tendance à leur répondre à voix haute pour en faire profiter toute la classe. Je romps donc moi-même le climat silencieux qui s’était instauré et certains élèves en profitent pour bavarder.

Dans une telle situation, il est donc préférable de montrer l’exemple : approchez-vous de l’élève et donnez vos explications en chuchotant.

Par ailleurs, je suis plutôt énergique quand je suis en classe. Je m’agite beaucoup, je théâtralise, et mon enthousiasme est contagieux… Les élèves s’agitent eux aussi et se mettent à parler entre eux ! J’ai remarqué que mes collègues qui semblent avoir les classes les plus silencieuses ont une posture plus posée.

3. Séparer les élèves bavards avec un plan de classe

Si vous avez identifié qu’une minorité d’élèves bavardait et gênait les autres, vous pouvez les séparer en les déplaçant, voire en isolant temporairement certains d’entre eux. Ce n’est pas ma méthode préférée car je la trouve généralement peu efficace à long terme.

Si les bavardages se sont généralisés, le bruit est certainement si diffus que vous peinez à identifier son origine. C’est sans doute alors l’occasion de mettre en place un plan de classe. En effet, si vous n’êtes pas en mesure d’interpeller un élève précis, personne ne se sentira concerné dans la classe. Vos élèves s’arrêteront quelques instants de discuter pour laisser passer l’orage puis ils recommenceront.

Attention toutefois, essayez quand même de connaître la cause de ces bavardages. Il arrive en effet que certains élèves s’entraident pendant le cours. Vous êtes peut-être prêt à le tolérer ? Alors, dans ce cas, vous pouvez dans un premier temps essayer de leur apprendre à communiquer sans gêner les autres. Exigez qu’ils murmurent, indiquez-leur les moments où ils peuvent échanger et ceux où ils doivent impérativement se taire.

4. Utiliser le tableau : « les bavards du jour »

Vous interrompre, demander à un élève de se taire, lui dire que vous ne voulez pas qu’il se justifie, lui demander son carnet, attendre qu’il le trouve… Cela vous fait perdre du temps et vous vous agacez… Vous véhiculez alors de mauvaises ondes et le cours devient un calvaire pour vous comme pour les élèves.

Comme pour régler un conflit, différez !

Notez dans un coin du tableau les noms des élèves qui bavardent pendant l’heure. Et pourquoi ne pas indiquer au-dessus avec humour : « les bavards du jour » ?

En fin d’heure, faites venir à votre bureau les élèves concernés et, selon les circonstances, choisissez entre une simple remontrance, un mot dans le carnet, le redoutable et efficace coup de téléphone aux parents ou bien encore la punition.

5. Le tétra’aide pour le travail en groupe

Lorsque les élèves travaillent en groupe, il arrive qu’ils soient bloqués. Ils décident alors de vous appeler. Pendant qu’un d’entre eux lève la main et cherche à attraper votre regard, les autres font une pause et discutent…

Mes élèves travaillent fréquemment en îlots et pour éviter tous ces bruits inutiles, j’ai adapté le tétra’aide de Bruce Demaugé-Bost au travail de groupe. Cet outil permet de visualiser les îlots où votre aide est attendue. Les élèves peuvent placer le tétra’aide de manière à indiquer s’ils sont totalement bloqués ou s’ils peuvent avancer quand même. Ainsi, ils n’ont pas besoin de m’attendre et ils continuent à travailler. S’ils ne peuvent plus rien faire, je le vois rapidement en balayant la classe du regard et je vais les aider dès que possible.

6. Le baromètre sonore et le feu tricolore pour apprendre à se taire

Avec des élèves de sixième, on peut utiliser le baromètre sonore et le feu tricolore proposés par Lutin Bazar sur son blog.

Ces outils permettent de faire prendre conscience aux élèves qu’on ne peut pas parler à ses camarades quand on en a envie. Mais on ne leur demande pas non plus de rester silencieux comme des statues pendant une heure ! Votre séance doit d’ailleurs ménager des temps pour les échanges en classe entière mais aussi au sein d’un binôme ou d’un groupe.

Les élèves doivent donc apprendre quelles activités se prêtent aux discussions mais aussi quel volume sonore est tolérable. C’est là qu’intervient le baromètre sonore. Vous pouvez prendre en charge cet indicateur au début de l’année. Peu à peu, confiez-en la responsabilité à un élève volontaire que vous nommerez en début d’heure.

7. Le bâton de parole pour organiser les interventions

En séance de lecture analytique, lors d’un débat en classe entière ou pendant tout oral collectif, il peut arriver que des groupes d’élèves se forment et commencent à réagir et à parler entre eux. Or, cela crée un bruit diffus et on ressent une agitation désagréable qui nous donne l’impression qu’on perd le contrôle de la classe. Les élèves se dispersent et finalement plus personne ne s’écoute.

Pour remédier à cela, et en bonus faire participer les plus timides, vous pouvez utiliser un bâton de parole. Le principe est simple : seul celui qui a le bâton dans les mains a le droit de parler. Les autres doivent l’écouter… Lorsqu’il a fini de s’exprimer, il passe le bâton à un autre élève qu’il choisit lui-même ou que vous désignez. Vous pouvez aussi décider de faire passer le bâton par tous les élèves les uns après les autres. S’ils n’ont rien à dire, ils se contentent de passer le bâton à leur voisin. Cette technique peut par exemple être adéquate pendant une séance de vie de classe.

Vous pouvez faire décorer le bâton par des élèves pour que la classe se l’approprie ou utiliser un autre objet. Ainsi, un collègue d’anglais se servait d’une balle en mousse représentant un smiley. Il lui avait même donné un nom. Les élèves se la lançaient doucement pour distribuer la parole.

Je sais que certains collègues sont dubitatifs, voire sceptiques, quant à l’utilisation de ces outils qui viennent du primaire. Pour ma part, les élèves ont toujours adhéré, même les plus grands, et ils me les réclament eux-mêmes lorsque j’oublie de les sortir de l’armoire.

On en parle dans les commentaires ?

Comment gérez-vous les bavardages dans votre cours ? Utilisez-vous des outils ? Le bruit vous dérange-t-il ?

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Mathieu Belleville-Douelle

Auteur Mathieu Belleville-Douelle

Professeur de lettres classiques depuis 10 ans, je m'intéresse particulièrement à la coopération en classe mais aussi à la modernisation de l'enseignement du français et des langues anciennes. Par ailleurs, je suis blogueur, rédacteur web et webdesigner junior. N'hésitez pas à me contacter ou à réagir à cet article en laissant un commentaire.

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Joignez-vous à la discussion 3 Commentaires

  • Leboeuf dit :

    J’enseigne depuis 15 ans avec des élèves de primaires.
    J’utilise 2 outils :

    – drapeaux :
    * vert : je parle à voix normale
    * rouge : je chuchote seulement en cas d’urgence
    * jaune : je chuchote

    – ceinture d’autonomie :
    Elle me permettent de me concentrer sur une activité qui me demande de rester un instant avec certains élèves. J’ai besoin de silence. J’ai acheté du tissu et chaque élève a sa ceinture. S’il ne fait pas de bruit, il passe à la ceinture supérieure. Ils ont 2 jetons, ils peuvent donc parler 1 fois, au 2eme jeton, ils redescendent à la ceinture blanche à la prochaine séance d’autonomie spéciale.
    * blanche : je ne peux pas me lever, je peux faire une activité autonome, un dessin libre
    * rouge : je peux faire les activités de la ceinture blanche, me lever en demandant l’autorisation, prendre un livre, jouer au morpion sur mon ardoise avec mon voisin
    * noire : je peux faire les activités des autres ceintures, me lever sans autorisation, prendre un jeu, ramasser les papiers par terre

    • Merci pour ton témoignage.
      Le système des drapeaux me semble assez proche de celui des feux tricolores. Pour ce qui est des ceintures d’autonomie, je trouve l’idée intéressante, surtout que je crois beaucoup à l’enseignement par ceintures de compétences. Mais je n’ai jamais réussi à adapter cet outil de manière satisfaisante au fonctionnement du collège.

      • Leboeuf dit :

        J’utilisais avant les feux tricolores mais je me suis aperçue qu’ils sont connotés « permission/interdit » donc ils entraînent une sorte de résistance même inconsciente.
        De plus les drapeaux sont plus « présents », ils sont hissés, rabaissés, ils peuvent être agités quand ils ne sont pas respectés.

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