Les élèves et le copier-coller

Du collège à l’université, le web tend à devenir pour les enseignants un ennemi redoutable car il favorise le plagiat. La pression mise sur les enseignants au sujet du plagiat scolaire est d’autant plus forte qu’internet a réveillé dans la société un important débat autour des droits d’auteur. Les enseignants déploient donc beaucoup d’effort pour détourner leurs élèves de cet outil et les diriger vers un support plus traditionnel : le livre.

Il ne faudrait pourtant pas se tromper. C’est bien le fameux « copier-coller » qu’il faut combattre et non internet, véritable révolution pour la diffusion du savoir. Le plagiat n’est d’ailleurs pas une nouveauté. Bien avant la démocratisation de l’informatique, des générations d’élèves ont recopié des paragraphes entiers, à la virgule près, qu’ils avaient trouvés dans des livres et des revues.

La différence est bien entendu que lorsque l’élève recopiait manuellement un texte on pouvait espérer qu’il se l’appropriât un peu. Aujourd’hui, trop souvent, les élèves repèrent des mots-clés et copient automatiquement le texte sans même le lire ni le remettre en forme. La majorité ignore d’ailleurs l’existence de la fonction « collage spécial ». On voit par conséquent fleurir les travaux d’élèves qui contiennent encore des liens hypertextes. Il m’est ainsi arrivé de lire un exposé sur Vénus, personnage d’une bande dessinée de Marvel, car l’élève n’avait pas lu le contenu du texte copié et n’avait donc pas réalisé qu’il ne s’agissait pas de la déesse romaine..

Élaborer un document de collecte

Le phénomène est si considérable qu’il peut sembler vain de vouloir le proscrire. Il semble préférable de l’accompagner pour que nos élèves apprennent à utiliser convenablement cette pratique du copier-coller.

On peut par exemple s’inspirer du sens étymologique de « lire ». Le mot latin lego désigne en effet à la fois l’action de lire et celle de cueillir.

La meilleure démarche serait ainsi de proposer aux élèves de constituer, dans un premier temps, un document de collecte, à usage privé, contenant des textes copiés-collés. L’élaboration de ce document pourrait d’ailleurs donner lieu à une évaluation avec des critères de pertinence et de légitimité de l’information collectée. Les élèves doivent en effet prendre conscience qu’internet est ouvert à tous et que chacun peut écrire sur le sujet de son choix, qu’il soit spécialiste du sujet traité ou non. On doit donc encourager les élèves à trouver et exiger des cautions de la légitimité de l’auteur.

Ce document de collecte doit rester une étape de la démarche documentaire en développant les capacités de tri et de hiérarchisation de l’information. L’étape suivante est la reformulation et l’organisation des informations contenues dans ce document.

Le problème des images

De même que pour les textes, il semble nécessaire de sensibiliser les élèves aux droits d’auteur et d’usage des documents iconographiques. Bien sûr, l’école bénéficie de l’exception pédagogique mais il ne faut pas perdre de vue que nos élèves produiront un jour des documents en dehors du cadre scolaire.

Quand on se penche sur cette question, on constate rapidement qu’il existe quelques bibliothèques d’images libres de droits mais qu’elles sont nettement insuffisantes. Les élèves n’y trouvent pas toujours ce qu’ils recherchent. Ils consultent alors bien souvent « Google images ». Cette solution est envisageable mais l’enseignant doit leur montrer comment utiliser la recherche avancée sur ce site afin de ne faire apparaître dans les résultats que les images libres de droits d’utilisation.

Là encore, les élèves seront souvent déçus car le célèbre moteur de recherche leur fournira un nombre bien moins conséquent de propositions. En effet, lorsqu’on recherche par exemple l’illustration d’une œuvre d’art, outre les droits de l’artiste lui-même, certaines reproductions photographiques sont également protégées par des droits.

Et les droits des élèves ?

Proposer aux élèves de produire des documents qu’on placera au C.D.I. afin que les générations suivantes puissent les consulter est un moyen efficace de leur faire prendre conscience des notions de propriété intellectuelle et de droits d’auteur.

Ainsi, lorsque j’ai exposé cette idée dans une classe de cinquième, la réaction ne s’est pas fait attendre. Un élève s’est offusqué du fait que ses pairs pourraient utiliser son travail, le recopier intégralement et obtenir ainsi une bonne note.

Quelle prise de conscience de la nécessité pour chacun d’être responsable et de respecter la paternité du travail d’autrui !

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